Nos chèvres :


Un peu d’histoire…..

La chèvre Angora est une race très ancienne originaire du Tibet, tout comme sa cousine, la chèvre Cachemire. Sa domestication et l’utilisation de sa fibre dans le textile est avérée plusieurs siècle avant notre ère. Déjà les Sumériens témoignent de sa présence, et les Grecs de l’Antiquité racontent la célèbre histoire de Jason et la Toison d’Or. Elle doit son nom à sa migration vers les plateaux Anatoliens où, dès le XIème siècle, on la retrouve dans la province d’Angora, actuellement Ankara, en Turquie. Les Sultans de la région furent conquis par les promesses d’étoles soyeuses issues de la fibre lustrée et ondulée de la belle.

En France, au XVème siècle, Jacques Cœur, grand argentier du roi Charles VII fait venir un troupeau de ces “caprins à poils long, ondulé, doux et propre à la teinture” et les installe à Saint Pourçain sur Sioule dans l’Allier, où ils ne résistèrent pas longtemps. C’est au milieu du XIXème siècle que les chèvres angora sont exportées vers le Texas et l’Afrique du sud pour une production développée.

Aujourd’hui les plus grands producteurs de mohair se trouvent en Afrique du Sud, au Lesotho, en Argentine, Nouvelle-Zélande, et plus récemment en Chine.

 

Il faut attendre le début des années 198O pour la retrouver en France lorsque des éleveurs à l’âme de pionnier ramènent un troupeau du Canada, puis quelques spécimens d’Australie et d’Afrique du Sud


Depuis, avec l’appui d’un programme d’amélioration génétique, les éleveurs français n’ont cessé de travailler pour une fibre mohair fine et extrêmement douce. Sur l’ensemble du territoire français, c’est un élevage à petit effectif (environ 4500 chèvres), mais, en nous consacrant à de petits troupeaux, nous avons fait le choix de l’excellence.


Notre troupeau

Avril 2015, nous ramenons de la ferme de Moulis en Ariège, notre premier bouc, Hector et deux acolytes, les jumeaux Ignace et Isidore, pour lui tenir compagnie.

Puis Gamine, Gaby et Hibiscus arrivent du sud du département et, à la fin de l’été, nous faisons un second voyage dans les Pyrénées pour sept chevrettes. Depuis, les naissances sont venues agrandir le troupeau, Elixir, puis Maurice, assurer la relève…  Aujourd’hui, une quarantaine de ces belles biquettes nous fournissent un mohair d’une qualité exceptionnelle.


La nourriture

Nos chèvres sont chouchoutées, en chèvrerie l’hiver, elles sortent s’ébrouer et pâturer dans nos prairies dès que le temps le permet, les chèvres angora craignant bien plus l’humidité que le froid. Elles profitent, chez nous, d’une herbe riche qui reste verte même au plus fort de l’été. La ferme porte bien son nom, Praille signifiant “les prés” en langue d’Oc ! Ces prairies naturelles, non modifiées depuis plus de cinquante ans, nous assurent également un foin abondant et de très bonne qualité grâce à sa grande diversité floristique. L’alimentation des chèvres en gestation ou en allaitement est complémentée par un mélange de triticale bio et de luzerne déshydratée. Elles ont parfois le bonheur de goûter à du foin de luzerne, dès que nous pouvons en trouver.

Une nourriture riche en protéines

et bien adaptée, est en effet la clé

pour une chèvre en bonne santé

et un mohair de qualité.

Les soins

Adeptes de la prévention avant tout, nous menons notre élevage le plus naturellement possible, en évitant au maximum d’avoir recours aux traitements systématiques. Cures de chlorure de magnésium, complexes d’huiles essentielles à certaines périodes clés (mise à l’herbe, tonte, entrée en chèvrerie…), argile à disposition, protocoles ostéopathiques constituent une base de soins réguliers. L’homéopathie et l’aromathérapie sont privilégiées en cas de troubles. Nous surveillons beaucoup les risques de parasitisme interne, en menant des coproscopies très régulièrement, surtout l’été, période à risques plus élevés. Ces méthodes nous permettent de limiter l’utilisation des vermifuges allopathiques auxquels, cependant, nous avons parfois recours. Contre les parasites internes, nos animaux bénéficient entre autre, l’été, d’un bain d’huile de neem hydrosoluble (le neem est un arbre originaire de l’Inde aux propriétés antiseptiques et insectifuges notoires) qu’ils apprécient ! Une litière propre et sèche, à la paille fraîche, est nécessaire en tout temps. Deux à trois fois par an nous écussonnons chaque animal (tonte des parties souillées) et parons les onglons.



Les temps forts de l’élevage :

Les naissances


Elles ont lieu en mars et avril. Après cinq mois de gestation, les mises-bas sont un moment privilégié qui nécessite surveillance et attention pour que les chevreaux vivent et grandissent bien. En effet, ils assurent non seulement le renouvellement du troupeau mais aussi le mohair le plus fin ! Les chèvres angora ne sont pas franchement bonnes laitières, il faut donc veiller à ce que les petits tètent correctement et que leur maman ait assez de lait. Il faut parfois complémenter avec des biberons. En priorité, nous nous assurons qu’ils aient bien pris le colostrum, vital dans les premières heures, et qu’ils aient suffisamment chaud. Ensuite, c’est un vrai bonheur de les voir sauter et cabrioler dans tous les sens ! Dès la naissance, ils sont recouverts de petites bouclettes de mohair qui vont pousser d’environ 2,5cm par mois. Pour assurer cette croissance, mais aussi leur développement, nous leur donnons un mélange de céréales sous forme de granulés complets, notre meilleur foin, et pratiquons le sevrage naturel (vers 5 à 6 mois). Ils ne sortent pour goûter aux joies du plein air que par temps extra sec. Et c’est à l’âge de 6 mois que ces adorables boules de poils connaissent leur première tonte. Ils ont alors droit à quelques gouttes de “Rescue ” (Fleurs de Bach) pour les aider à passer ce cap un peu stressant.


La tonte

Nos animaux sont inscrits à Capgènes, Section Angora, organisme d’indexation génétique qui évalue chaque chèvre sur plusieurs critères : finesse, absence de jarre, couverture, poids de toison, aplombs… Capgènes nous aide aussi à choisir nos reproducteurs.

 

C’est grâce à cet organisme que le cheptel français

produit le mohair le plus fin du monde.

logo Capgenes, organisme d’indexation génétique caprin

Moment magique, où nous récoltons le fruit de 6 mois de soins attentionnés, voyons sous nos yeux et sentons entre nos doigts cette blancheur lustrée de l’épaisse toison douce de nos chères biquettes… Deux fois par an, mi-février et mi-août, nous les débarrassons d’environ 2,5 kg de mohair pour les adultes et de 1 à 1,5 kg en moyenne pour les chevreaux. En hiver, nous sommes très vigilants et préférons installer des lampes chauffantes pour que les chèvres se réchauffent plus facilement. Nous utilisons également un peigne à sabot qui laisse une petite couche de poils protectrice. La tonte est un acte vital pour l’animal, elle permet d’éviter les maladies et parasites, voire pire, car, comme les moutons, leur fibre pousse en continue. Elle permet également aux chevreaux d’accéder aux mamelles de leur mère beaucoup plus facilement.

A la ferme nous confions cette délicate mission à Laura, tondeuse expérimentée et spécialiste des chèvres angora. Il faut en effet beaucoup de douceur et de professionnalisme pour bien tondre une chèvre angora car il ne faut ni la couper (une chèvre n’est pas aussi ronde qu’un mouton), ni faire de “fausse-coupe” dans le mohair. C’est une opération qui dure environ 10 minutes pendant laquelle la chèvre est tournée et maintenue dans plusieurs positions avec assurance et délicatesse. La filature ne pourra nous faire un fil de qualité que si les mèches sont assez longues.